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 Biographie
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Née en 1970 à Sfax en Tunisie, Mouna Karray entre en 1989 à l’Institut Supérieur d’Animation Culturelle de Tunis. Durant quatre années, elle s’y initie au cinéma, à la vidéo, puis à la photographie. En 1995, elle réalise à Tunis sa première exposition personnelle, Alchimère. Elle y présente un travail photographique dont le sujet – de vieux objets trouvés chez des ferrailleurs- est abordé dans sa dimension esthétique, dans des compositions plastiques étudiées que l’artiste voit aujourd’hui comme un exercice préparatoire.

C’est cependant grâce à ce premier travail , et à une farouche détermination à partir loin, qu’elle obtient une bourse de l’Etat japonais : en 1997, elle s’inscrit à la Nihon University puis au Tokyo Institute of Polytechnics and Arts –, dont elle sortira en 2002 titulaire d’un Master en Média de l’Image, spécialité Photographie. Au cours de ce séjour, Mouna Karray entame de nombreux travaux et participe à plusieurs expositions. The room, qui avait plastiquement pris naissance dans une série photographiée dans ces « jungle globes » que l’on trouve dans tous les jardins d’enfants japonais, explore la rencontre avec l’étrangeté d’un lieu en 140 clichés. Ce travail, présenté dans le cadre du projet « Eyesaw», à la Deco Gallery, mêle installation photographique et performance. Avec Selfportrait, Tokyo mon amour, présenté en 2001 à la Shadai Gallery, Mouna Karray donne à sa recherche une dimension autobiographique. Loin de chez elle, pour se trouver, elle se lance dans un « corps à corps » avec la ville -le corps de l’artiste contre, tout contre, celui de la mégapole- captant des images de performances réalisées dans le train ou le métro, qu’elle montre sous forme de planches contact. C’est à Tokyo aussi qu’elle initie les premiers diptyques du projet Au risque de l’identité, qui se poursuit encore aujourd’hui.

De retour en Tunisie en 2002, elle enseigne la photographie à l'École des Arts et Métiers de Gabès, puis l’année suivante, à l’Ecole des Beaux-Arts de Sousse. La même année, elle bénéficie d'une résidence d'artiste au Centre d'Art Vivant de Radès. Dans ce cadre, elle réalise en 2004 le commissariat d’une exposition d’art contemporain, « Zones », questionnant la notion de « territoire ». Elle y présente par ailleurs l’installation El Mech’hed, première étape d’un travail autour du deuil et du « non-vu », un travail autobiographique, lié au décès « manqué » de son père deux ans plus tôt, mais à l’intensité universelle. Images intimes de tombes et de lits, La coupure, série photographique montrée dans El mech’hed puis à Tunis, interroge le monde flottant entre la présence et la mémoire, la disparition des êtres et la persistance des choses.

En 2005, Mouna Karray obtient une résidence d’artiste à la Cité Internationale des Arts et s'installe à Paris. Dès lors, elle participe à de nombreuses expositions collectives, en France, en Tunisie, mais aussi à Niamey au Niger ou à Bamako, au Mali (pour les Nouvelles Rencontres Africaines de la Photographie).  Elle y présente, notamment dans l’exposition itinérante « Femmes d’Images, fragments d’intimité », l’évolution du projet Au risque de l’identité. Dans ce travail expérimentant l’énigme de la dualité, de l’altérité et de la différence, d’autres lieux, d’autres femmes, françaises, tunisiennes, sont venues enrichir les premiers diptyques réalisés quelques années plus tôt à Tokyo. La photographe porte ici un regard renouvelé, sensible à la faille davantage qu’à l’identification, laissant s’imposer une part d’indéterminé au cœur de ce projet perpétuellement ouvert.

En 2007, la fondation Civitella Ranieri l’invite à participer à une résidence d'artiste en Ombrie, en Italie. Elle y rencontre des femmes italiennes qu’elle photographie pour Au risque de l’identité. Elle y développe aussi sa série Murmurer, qui, au travers de clichés des murs de Sfax, murs à l’abandon dont on ne sait ce qu’ils furent ni pourquoi ils sont encore debout, réinitie la réflexion, récurrente chez l’artiste, autour des frontières, des limites, physiques ou non, des passages, des dualités et des altérités. C’est également au cours de cette résidence qu’elle commence à travailler sur l’installation sonore Un objet sur le rivage, présentée en 2008 à la 30e Biennale de Pontevedra, en Espagne.

Aujourd’hui, Mouna Karray vit et travaille entre Paris et la Tunisie.

Marie Deparis

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